On a testé : le horse coaching

Par une belle journée d’automne, nous partîmes – sire Arnaud et moi-même – à la découverte de cette discipline qu’est le horse coaching à Mesterrieux en Gironde. Nous nous vîmes six en arrivant au paddock, dame Emilie Bouchée et ses trois fidèles destriers (Charm, Pépito et Quézal) nous souhaitant la bienvenue. Enfin, à deux paires de sabots près…

Car tandis que nos trois compères à quatre pattes entament leur déjeuner sur l’herbe, p1110951nous foulons leur territoire avec, en ce qui me concerne, une appréhension certaine au souvenir d’une malencontreuse rencontre entre un sabot de cheval et mon dos d’adolescente. Pour l’heure, si deux des chevaux abandonnent brièvement leur pitance pour nous « scanner » de plus près, Pépito (au premier plan sur la photo) en revanche semble se soucier comme d’une guigne de notre présence. Enhardie par l’accueil de Charm et Quézal, je daigne me déplacer vers ce « petit » effronté ayant l’outrecuidance de nous ignorer. A peine effleuré, ce dernier s’envole promptement jusqu’à la clôture. A ce moment précis, je ressens indubitablement un grand moment de solitude, du sommet du crâne jusqu’aux orteils en passant par chaque nano-cellule de mon corps. A cet instant précis, j’entends en moi une voix, celle d’un autre canasson communément appelé « ego », qui me susurre dans son mégaphone : « Qu’est-ce que tu as ENCORE fait pour faire fuir ce pauvre animal? », « Il fuit tes énergies toutes pourries… ».

p1120225Nous y sommes! Ne serait-ce pas l’objectif de cette discipline? Non de nourrir d’incessants jugements sur celui ou celle que nous croyons être mais de se placer en témoin de ce bavardage mental? Tel est, somme toute, le propre des soins thérapeutiques quels qu’ils soient : permettre à l’accompagnant d’endosser le rôle de miroir, terme fréquemment usité en psychologie ou plus généralement dans la sphère du développement personnel. Je m’explique : quoi qu’il puisse se passer au quotidien, nous avons, nous autres humains, l’habitude (que dis-je le réflexe) de projeter ce que nous pensons, autrement dit nos croyances, sur le monde qui nous entoure. Ainsi, dans mon dernier exemple projetais-je la croyance « Je dois bien être coupable de quelque chose » sur l’évènement « Cheval se dirigeant à grande vitesse vers la barrière ». Nul besoin ici de plusieurs heures d’une introspection acharnée, seul(e) ou accompagné(e), afin de mettre en exergue nos conditionnements mentaux ; que nenni, une masse de plusieurs centaines de kilos suffit pour nous propulser illico dans le « ressenti immédiat », ladite masse jouant à la perfection son rôle de miroir sans interférence égoïque aucune.

Sous le regard bienveillant du horse coach, il nous est alors possible de voir, d’observer nos habitudes de pensée qui déterminent nos comportements tant en société qu’en privé. Pendant plus de deux heures, au gré des exercices proposés, le cheval « appuie le sabot là où ça fait mal » – dixit Emilie – non au sens littéral du terme (rassurez-vous!) mais en résonance vibratoire, nous laissant le choix entre continuer (parfois douloureusement) à nier ce qui se vit en nous et accueillir « ce qui est » en toute honnêteté. Car ce qui est vu avec le cœur s’envole vers d’autres cieux…

Cette rencontre m’a bouleversée ; ces moments d’intimité, d’authenticité m’ont laissée shootée à l’endorphine pendant plusieurs heures…

C’est tout le bien que je vous souhaite à votre tour!

D.Dequin

One comment

  • C’est super ! Je me réjouis de voir comment les chevaux peuvent être source de réflexion personnelle. C’est merveilleux et je me sens attirée par eux, et par ce qu’ils font naître comme sensations à analyser et à travailler.
    Merci Emilie.

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